Asie

Est-ce que le Cannabis est Légal au Vietnam ?

· ↻ MAJ 12 Oct 2026· ✍️ Tealer420· ⏱ 6 min lecture · 📊 1279 mots

Routard à scooter interpellé la nuit devant une façade ornée d'une feuille de cannabis géante

📌 À retenir

  • Non, le cannabis n'est pas légal au Vietnam, ni pour le loisir, ni pour la médecine, ni sous forme de CBD.
  • Un premier usage vaut une amende de 1 à 2 millions de dongs, mais la suite peut devenir pénale.
  • La police fait des tests urinaires sur place dans les quartiers festifs de Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Da Nang.
  • Depuis juillet 2025, transporter de la drogue n'est plus passible de mort, mais le trafic l'est toujours.
  • Un étranger contrôlé positif risque l'annulation de son visa et l'expulsion.

Est-ce que le cannabis est légal au Vietnam ? Non, et le pays ne fait aucune place à la plante : pas de dépénalisation, pas de cannabis médical, pas d'exception pour le chanvre. La loi met le cannabis au même rang que l'héroïne, et elle s'est encore durcie pour l'usager en 2025 et 2026. Chez Tealer420, on sait que le Vietnam attire beaucoup de backpackers, et que les « happy » plats proposés dans certains coins touristiques entretiennent l'idée d'une tolérance. Elle n'existe pas. Voilà ce que dit vraiment le droit du cannabis au Vietnam au 24 septembre 2026.

Situation Ce que prévoit la loi vietnamienne
Premier usage 1 à 2 millions de dongs d'amende (environ 35 à 70 euros)
Test positif Un an de gestion administrative depuis le 1er juillet 2026
Usage pendant une cure ou un suivi 2 à 3 ans de prison, 3 à 5 ans en récidive
Petite quantité avec antécédent Poursuites pénales quelle que soit la quantité
Transport de stupéfiants Peine de mort supprimée depuis le 1er juillet 2025
Trafic Jusqu'à 20 ans, perpétuité ou peine de mort
Étranger Expulsion possible en peine complémentaire

Peine de mort : transport et trafic ne sont plus traités pareil

C'est le changement le plus commenté de ces dernières années. Le 25 juin 2025, l'Assemblée nationale a retiré la peine capitale de huit infractions, dont le transport de stupéfiants (article 250 du Code pénal). La réforme s'applique depuis le 1er juillet 2025, et les condamnés à mort pour transport ont vu leur peine commuée en perpétuité.

Le trafic, lui, n'a pas bougé. L'article 251 le punit quelle que soit la quantité, et aux paliers les plus élevés la sanction peut être 20 ans de prison, la perpétuité ou la mort. Dit simplement : porter une valise de résine n'est plus un crime capital, la vendre peut encore l'être.

Cannabis au Vietnam : consommer peut désormais mener en prison

Longtemps, le simple usage n'était qu'une infraction administrative. Ce n'est plus totalement vrai.

Depuis le 1er juillet 2025, l'article 256a du Code pénal fait de l'usage un délit pour les personnes déjà en cure, sous traitement de substitution ou en période de suivi post-cure : 2 à 3 ans de prison, 3 à 5 ans en récidive. Un premier usage reste puni d'une amende administrative (décret 282/2025/ND-CP), mais il n'est plus sans suite.

La loi n° 120/2025/QH15 sur la prévention et le contrôle des drogues, votée le 10 décembre 2025 par 440 députés sur 444, a ajouté une couche le 1er juillet 2026 : dépistage renforcé, surveillance électronique et un an de gestion administrative pour toute personne testée positive. Le décret d'application et la pratique réelle de ce suivi restent à observer.

Ce que prévoit le Code pénal selon les quantités

Le droit vietnamien raisonne par paliers de poids ou de plants. Les grandes lignes :

  • Détention (article 249) : délit dès 1 kg de feuilles, fleurs ou tiges, ou dès 1 g de résine. Au premier palier, 1 à 5 ans de prison ; de 10 à 25 kg d'herbe, 5 à 10 ans. Les plus grosses quantités peuvent mener à la perpétuité.
  • Culture (article 247) : 6 mois à 3 ans de 500 à moins de 3 000 plants, 3 à 7 ans au-delà. En dessous, amende et destruction.
  • Récidive : un antécédent rend toute quantité pénale, même minime.

Rien à voir avec ce qu'on connaît en France, où l'usage est traité par une amende forfaitaire, comme on l'explique dans notre fiche sur la légalité du cannabis en France.

Sur place : descentes, tests et expulsions

Pour un voyageur, le vrai risque n'est pas théorique. La police vietnamienne organise des descentes avec tests urinaires dans les quartiers festifs des grandes villes. Un résultat positif entraîne au minimum une amende, et pour un étranger, un risque d'annulation de visa et d'expulsion, qui peut être prononcée par voie administrative ou pénale (article 37 du Code pénal).

Trois réflexes à garder :

  • Refuser les offres de rue, y compris les plats « happy » : l'achat reste un délit.
  • Ne rien emporter à l'arrivée, CBD compris. Le droit local ne distingue pas le chanvre du cannabis, et les ordonnances étrangères n'ont aucune valeur.
  • Ne pas compter sur une information officielle française détaillée : la fiche du ministère des Affaires étrangères (mise à jour le 10 septembre 2026) ne traite pas spécifiquement des stupéfiants.

Le chanvre des H'Mong, l'exception culturelle

Il y a pourtant une vieille histoire du chanvre au Vietnam. Dans les provinces du nord, à Ha Giang et Lao Cai, les femmes H'Mong le cultivent depuis des siècles pour tisser leurs vêtements rituels. Cette pratique textile est tolérée à petite échelle, alors que la loi ne distingue en rien le chanvre du cannabis. Une tradition qui rappelle que la plante a une place dans la culture du pays, même si le droit l'ignore totalement.

À Retenir

Le Vietnam reste l'un des pays les plus répressifs d'Asie du Sud-Est. La réforme de 2025 a épargné les transporteurs de la peine capitale, mais elle a en même temps ouvert la voie à la prison pour certains consommateurs, et la loi de 2026 a renforcé le contrôle de tous ceux qui sont testés positifs.

En pratique, la tolérance que certains imaginent dans les zones touristiques n'a aucune base légale. Pour comparer avec les pays qui ont réellement changé leur législation, jette un œil à notre liste des pays où le cannabis est légal.

Article informatif, à jour au 24 septembre 2026. Sources : Code pénal vietnamien de 2015 modifié (articles 37, 247, 249, 250, 251 et 256a), loi n° 120/2025/QH15, décret 282/2025/ND-CP, ministère vietnamien de la Sécurité publique, Death Penalty Information Center. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC). La consommation de cannabis illicite reste interdite en France.

FAQ

Les plats « happy » sont-ils tolérés pour les touristes ?

Non. Aucune tolérance légale n'existe pour les touristes, et acheter un plat contenant du cannabis reste un délit. Un test urinaire positif après coup suffit à déclencher les sanctions.

Que risque un touriste arrêté avec quelques grammes ?

Sans antécédent et sous les seuils pénaux, une sanction administrative, avec une amende et le risque d'expulsion. Avec un antécédent, toute quantité peut entraîner des poursuites pénales.

Les condamnés à mort pour transport ont-ils été graciés ?

Leur peine a été commuée en réclusion à perpétuité après la réforme de juin 2025. La peine capitale reste possible pour le trafic aux paliers les plus élevés.

Les montants d'amende peuvent-ils encore changer ?

Oui. Ils peuvent être réévalués par de nouveaux décrets en 2026, et les seuils les plus élevés du Code pénal consolidé restent à confirmer sur le texte officiel.

Les H'Mong ont-ils une autorisation spéciale ?

Aucune exception n'est prévue par la loi. La culture traditionnelle du chanvre pour le textile est tolérée à petite échelle, mais le droit ne distingue pas chanvre et cannabis.