Est-ce que le Cannabis est Légal au Maroc ?

📌 À retenir
- Non, le cannabis n'est pas légal au Maroc pour fumer : l'usage récréatif reste un délit, touristes compris.
- Fumer peut coûter 2 mois à 1 an de prison et une amende, selon le dahir de 1974.
- Depuis 2021, la culture est légale sous licence, pour le médical et l'industrie, dans trois provinces du Rif.
- En 2024, le roi a gracié 4 831 cultivateurs pour les intégrer à la filière légale.
- Rapporter du shit en France, c'est de l'importation de stupéfiants.
Non, le cannabis n'est pas légal au Maroc si tu comptes en consommer. Le pays du kif et du haschich de Ketama a bien légalisé la plante en 2021, mais uniquement comme matière première pour la pharmacie, les cosmétiques et l'industrie. Le cannabis légal au Maroc, c'est donc une filière agricole sous licence, pas un joint en terrasse à Chefchaouen. Chez Tealer420, on reçoit chaque été des messages de gens persuadés que « là-bas, c'est toléré ». Ce n'est pas le cas, et le cannabis au Maroc peut transformer un voyage en garde à vue. On t'explique pourquoi.
| Situation | Ce que dit la loi marocaine (2026) |
|---|---|
| Fumer, même en privé | Délit, prison et amende |
| Détenir ou transporter | 5 à 10 ans de prison |
| Acheter à un vendeur de rue | Infraction pénale, aucune tolérance |
| Cultiver sous licence ANRAC | Légal, dans 3 provinces du Rif |
| Cultiver hors périmètre autorisé | 3 mois à 2 ans de prison |
| Produits CBD enregistrés | Vendus en pharmacie depuis juin 2024 |
Ce que tu risques si tu fumes sur place
Le texte qui s'applique au consommateur date du 21 mai 1974. C'est un dahir sur la toxicomanie, et la légalisation de 2021 ne l'a pas touché. Il vaut pour tout le monde, résidents comme visiteurs.
D'après les montants recoupés dans la presse marocaine (on n'a pas pu consulter le texte officiel en ligne lors de notre vérification) :
- Pour l'usage : 2 mois à 1 an de prison et 500 à 5 000 dirhams d'amende. Les poursuites peuvent être suspendues si la personne accepte une cure de désintoxication.
- Pour la détention, le transport, la production, l'import ou l'export : 5 à 10 ans de prison et 5 000 à 500 000 dirhams d'amende.
Le point qui surprend le plus les voyageurs : ton passeport français ne change rien. L'aide consulaire peut t'accompagner, mais elle n'empêche pas les poursuites locales.
Chefchaouen, Ketama : visible ne veut pas dire toléré
Dans le Rif, autour de Chefchaouen ou de Ketama, l'offre de haschich est tellement visible qu'on finit par croire à une tolérance officielle. Il n'y en a aucune.
Accepter ce qu'on te propose dans la rue reste une infraction pénale. Le fait que la plante pousse légalement sous licence à quelques kilomètres ne couvre en rien le produit vendu hors circuit.
Si c'est l'histoire et la diversité des haschichs du Rif qui t'intéressent, on les a racontées dans notre article sur les variétés de haschich marocain. C'est la seule façon de les découvrir sans risque.
Cannabis légal au Maroc : la loi 13-21 vise les cultivateurs, pas toi
Adoptée en juillet 2021, la loi 13-21 autorise 9 activités sous licence : culture, transformation, fabrication, transport, commercialisation, import, export, entre autres. Toutes doivent servir des fins médicales, pharmaceutiques ou industrielles. La consommation récréative n'en fait pas partie.
La régulation est confiée à l'ANRAC, opérationnelle depuis 2022. Les règles clés :
- culture limitée à Al Hoceïma, Chefchaouen et Taounate, sans extension confirmée à ce jour ;
- récolte obligatoirement remise à des coopératives agréées ;
- matière à plus de 1% de THC réservée à l'industrie pharmaceutique ;
- variétés puissantes, dont la beldia traditionnelle, autorisées pour le seul secteur médical.
Côté santé, le cadre existe mais reste théorique pour les patients : en août 2026, un premier médicament à base de cannabis était approuvé sans être encore disponible en pharmacie.
Des cultivateurs graciés aux coopératives
C'est le chapitre le plus étonnant de l'histoire récente. Le 19 août 2024, jour de la fête de la Révolution du Roi et du Peuple, Mohammed VI a gracié 4 831 personnes condamnées, poursuivies ou recherchées pour culture de cannabis. L'objectif affiché : les faire entrer dans la filière légale plutôt que de les laisser dans l'illégalité.
Et la filière a grossi vite :
- en 2023, la première récolte légale donne 294 tonnes, produites par 430 agriculteurs et 32 coopératives sur 277 hectares ;
- en 2024, 2 169 hectares sont semés ;
- en 2025, on passe à 4 751 hectares, 5 493 agriculteurs, 366 coopératives et 19 576 quintaux de matière sèche.
Fin 2025, l'ANRAC recensait 5 765 autorisations actives. Elle n'hésite pas à sévir : sur 7 526 contrôles menés, 111 autorisations ont été retirées chez 90 opérateurs. Le Maroc est aujourd'hui le cas le plus avancé du continent, comme on le montre dans notre tour d'horizon du cannabis légal en Afrique.
Et le CBD, on en trouve ?
Oui, mais pas comme en France. Depuis le 1er juin 2024, des produits au CBD enregistrés se vendent en pharmacie. En août 2026, on en comptait 161 (compléments alimentaires, cosmétiques, aliments et tisanes) dans plus de 600 points de vente agréés. Aucune source officielle ne mentionne de fleurs ou de résines à fumer dans ce circuit.
Rapporter du shit du Maroc : la pire idée du voyage
On le dit sans détour : ne ramène rien. En France, faire entrer du haschich sur le territoire relève du trafic et de l'importation de stupéfiants, une infraction sans commune mesure avec un simple usage. Et même un produit CBD marocain acheté légalement reste soumis au droit français à ton retour, avec son plafond de 0,3% de THC.
Si tu te demandes ce qui distingue vraiment le haschich de l'herbe, côté fabrication comme côté effets, on a fait le point dans notre article sur la différence entre shit et beuh.
À Retenir
Le Maroc a légalisé le champ, pas le joint. La plante est devenue une ressource agricole encadrée, avec des coopératives, des licences et des contrôles, mais celui qui fume reste soumis à une loi de 1974 qui prévoit la prison.
Pour ton voyage, le calcul est vite fait : l'offre de rue du Rif n'a aucune protection légale, et le retour en France avec du haschich dans le sac est l'erreur la plus coûteuse que tu puisses faire.
Article informatif, à jour au 24 septembre 2026. Sources : loi marocaine n° 13-21 relative aux usages licites du cannabis, dahir n° 1-73-282 du 21 mai 1974 sur la toxicomanie, ANRAC. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC). La consommation de cannabis illicite reste interdite en France.
FAQ
Un touriste peut-il obtenir une licence ANRAC pour cultiver ?
Non. Les licences concernent des activités professionnelles, et la culture elle-même est réservée aux agriculteurs des trois provinces autorisées, regroupés en coopératives. Ce n'est en aucun cas un dispositif pour particuliers.
La cure de désintoxication évite-t-elle toujours les poursuites ?
Le dahir de 1974 permet de suspendre les poursuites si l'usager l'accepte, mais c'est une possibilité, pas un droit automatique. La décision reste entre les mains de la justice marocaine.
Pourquoi le roi a-t-il gracié des cultivateurs ?
La grâce du 19 août 2024 visait à régulariser des milliers d'agriculteurs du Rif, poursuivis ou condamnés, pour qu'ils puissent rejoindre les coopératives légales au lieu de rester dans l'économie parallèle.
La culture légale va-t-elle s'étendre hors du Rif ?
La loi autorise une extension par décret, mais aucune nouvelle province n'a été confirmée. Pour l'instant, tout se joue à Al Hoceïma, Chefchaouen et Taounate.
Le haschich légal marocain est-il vendu à l'étranger ?
La loi 13-21 autorise l'export, mais pour des usages médicaux, pharmaceutiques ou industriels uniquement. Rien de ce qui sort de cette filière n'est destiné à un usage récréatif, au Maroc comme ailleurs.