Est-ce que le Cannabis est Légal en Inde ?

📌 À retenir
- Non, le cannabis n'est pas légal en Inde : la ganja (les fleurs) et le charas (la résine) sont interdits par la loi NDPS de 1985.
- Le bhang, fait à partir des feuilles, échappe à la loi fédérale et se vend sous licence dans certains États, mais pas partout.
- Même une petite quantité peut coûter jusqu'à 1 an de prison et 10 000 roupies d'amende.
- Au-delà de 20 kg de ganja ou 1 kg de charas, c'est 10 à 20 ans de prison ferme.
- L'Himachal Pradesh a ouvert en juillet 2026 une culture médicale et scientifique sous licence, sans rien changer pour l'usage récréatif.
Est-ce que le cannabis est légal en Inde ? Non, pas pour fumer. La loi NDPS de 1985 interdit la ganja et le charas sur tout le territoire, et le cannabis légal en Inde se limite à des cadres très précis : le bhang vendu sous licence, les usages médicaux et ayurvédiques autorisés, et le chanvre industriel dans quelques États. Le cannabis en Inde fait pourtant partie de la culture, et ce décalage piège les voyageurs. Chez Tealer420, on a épluché la loi et les règles des États pour te dire ce qui s'applique au 6 octobre 2026.
| Produit ou situation | Statut en 2026 | Ce que tu risques |
|---|---|---|
| Ganja (fleurs) | Interdite | Prison selon la quantité, loi NDPS |
| Charas (résine, haschich) | Interdit | Seuils bien plus bas que la ganja |
| Bhang (feuilles) | Hors loi NDPS | Dépend de l'État : licence, restriction ou interdiction |
| Consommer | Interdit | Jusqu'à 6 mois et/ou 10 000 roupies |
| Cultiver sans autorisation | Interdit | Jusqu'à 10 ans et 1 lakh de roupies |
| Culture médicale sous licence | Autorisée en Himachal Pradesh | Réservée aux licenciés, en serre fermée |
| Graines et huile de chanvre alimentaires | Autorisées depuis 2021 | Encadrées par la FSSAI |
Ganja, charas, bhang : la nuance qui change tout
La loi NDPS vise trois choses :
- Le charas : la résine, huile de haschich comprise.
- La ganja : les sommités fleuries, sans les graines ni les feuilles non accompagnées des têtes.
- Tout mélange ou toute boisson préparés à partir de ces deux formes.
Les feuilles seules sont donc hors champ : c'est la base légale du bhang, préparation à base de feuilles qu'on boit ou qu'on mange. Cette exception remonte à la Convention unique de 1961, où l'Inde avait défendu ses coutumes religieuses. Si tu veux réviser la différence entre fleurs et résine, on l'a détaillée dans notre article sur la différence entre shit et beuh.
Les sanctions de la loi NDPS, quantité par quantité
La loi NDPS gradue les peines selon le poids saisi, avec des seuils différents pour la ganja et pour le charas :
- Petite quantité (jusqu'à 1 kg de ganja ou 100 g de charas) : jusqu'à 1 an de prison ferme, une amende jusqu'à 10 000 roupies, ou les deux. Une page officielle indienne évoque plutôt 6 mois.
- Quantité intermédiaire : jusqu'à 10 ans de prison et jusqu'à 1 lakh (100 000 roupies) d'amende.
- Quantité commerciale (20 kg de ganja ou 1 kg de charas et plus) : 10 à 20 ans de prison ferme, et 1 à 2 lakhs d'amende.
La simple consommation est aussi punie : jusqu'à 6 mois et/ou 10 000 roupies. La culture sans autorisation peut coûter jusqu'à 10 ans. Pour comparer avec la France, vois notre point sur l'amende pour un pied de beuh.
Cannabis légal en Inde : ce qui change d'un État à l'autre
La loi NDPS est fédérale, mais le bhang relève des États. Dans la plupart, seuls des vendeurs autorisés peuvent en vendre :
- Rajasthan, Uttar Pradesh, Madhya Pradesh : boutiques sous licence de l'administration des accises. On en trouve à Varanasi ou à Jaisalmer.
- Gujarat : le bhang a été retiré de la liste des substances enivrantes en 2017.
- Maharashtra : fabrication et consommation soumises à licence.
- Assam : une loi de 1958 interdit la ganja et restreint le bhang en vue de son interdiction.
Côté chanvre industriel, l'Uttarakhand, l'Uttar Pradesh et le Madhya Pradesh délivrent des licences pour des variétés à faible THC. Depuis novembre 2021, la FSSAI autorise graines, huile et farine de chanvre comme aliments.
Le cannabis en Inde, entre Shiva et Holi : une culture qui ne protège pas
Le bhang est une offrande à Shiva pendant Maha Shivaratri et circule largement pendant Holi, entre février et mars. Une enquête ministérielle de 2019 comptait 31 millions de consommateurs actuels de cannabis, soit 2,83 % des 10-75 ans, avec un record au Sikkim (7,3 %).
Cette présence crée une illusion de tolérance. Un lassi au bhang acheté dans une échoppe sous licence n'a rien à voir avec un pochon de ganja ou du charas dans ta poche : ça, c'est une infraction NDPS, peu importe l'ambiance. On replace ce paradoxe dans le contexte régional dans notre dossier sur le cannabis en Asie et au Moyen-Orient.
Voyager en Inde : les vrais risques
Le Foreign Office britannique est clair : une petite quantité destinée à ta consommation personnelle peut valoir au moins 6 mois de prison, et jusqu'à 10 ans pour d'autres quantités. Surtout, la justice est lente : tu peux rester détenu plusieurs années avant jugement. Que France Diplomatie ne détaille pas les stupéfiants pour l'Inde ne veut pas dire que c'est toléré.
2026 : un débat qui s'ouvre, une loi qui ne bouge pas
Le 23 janvier 2026, la Haute Cour de Delhi a refusé de dépénaliser la ganja, tout en demandant au gouvernement central de réexaminer les règles NDPS sur le cannabis après consultation. Pour les juges, c'est au législateur de trancher.
Le 24 juillet, l'Himachal Pradesh a publié ses règles : culture à des fins médicales et scientifiques uniquement, sous licence, en serre fermée, sur au moins 3 acres pour les privés. Mais l'usage récréatif, la culture à domicile et la vente sans licence restent illégaux.
À Retenir
L'Inde n'est pas un pays où le cannabis est légal : ganja et charas sont interdits partout, avec des peines qui grimpent vite. Le bhang est la seule exception, et elle dépend de l'État.
Pour un voyageur, la règle est simple : pas de ganja, pas de charas, rien dans les bagages. Les réformes de 2026 concernent la médecine et l'industrie, pas ton usage perso.
Article informatif, à jour au 6 octobre 2026. Sources : Narcotic Drugs and Psychotropic Substances Act 1985 (NDPS), Department of Revenue indien, Haute Cour de Delhi, Himachal Pradesh NDPS (Amendment) Rules 2026, Assam Ganja and Bhang Prohibition Act 1958, FSSAI, Foreign Office britannique. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC). La consommation de cannabis illicite reste interdite en France.
FAQ
Le bhang lassi vendu pendant Holi est-il légal ?
Oui s'il vient d'une boutique sous licence dans un État qui l'autorise, comme le Rajasthan. Pas en Assam, où une loi locale le restreint.
Est-ce que je peux acheter du CBD en Inde ?
Des produits au CBD sont vendus sous licence de médecine ayurvédique, souvent avec ordonnance pour les huiles. Ce n'est pas un marché libre comme en Europe.
Un consommateur dépendant peut-il éviter les poursuites ?
La section 64A de la loi NDPS accorde une immunité aux usagers dépendants qui se portent volontaires pour un traitement, pour de petites quantités. Ce n'est pas un passe-droit pour les touristes.
La culture en Himachal Pradesh ouvre-t-elle des coffee shops ?
Non. Les règles de juillet 2026 visent uniquement la culture médicale et scientifique sous licence. Usage récréatif, culture chez soi et vente sans licence restent illégaux.