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Est-ce que le Cannabis est Légal en Algérie ?

· ✍️ Tealer420· ⏱ 6 min de lectura · 📊 1293 palabras

Douanier mesurant une tête de cannabis géante dans une cour de la Casbah d'Alger, ambiance film rétro des années 70

📌 À retenir

  • Non, le cannabis n'est pas légal en Algérie : fumer ou détenir du kif reste un délit, visiteurs compris.
  • La loi 04-18 punit l'usage personnel de 2 mois à 2 ans de prison et d'une amende jusqu'à 50 000 DA.
  • Le trafic simple coûte 10 à 20 ans, la culture illicite peut aller jusqu'à la perpétuité.
  • Depuis la loi 25-03 de juillet 2025, la peine de mort existe pour certains cas aggravés, et des condamnations ont été prononcées en octobre 2026.
  • Un étranger condamné peut être interdit de territoire pendant au moins 10 ans, voire à vie.

Non, il n'existe aucun cannabis légal en Algérie. Ni récréatif, ni médical accessible aux patients, ni dépénalisé : consommer ou garder un bout de kif sur soi reste un délit puni de prison. Chez Tealer420, on reçoit souvent la question de lecteurs qui partent voir la famille à Oran ou à Alger. La réponse est non : le cannabis en Algérie est même devenu une priorité sécuritaire depuis 2025. Voici ce qui s'applique au 19 octobre 2026.

Situation Statut en 2026 Peine prévue
Fumer ou détenir pour sa conso Délit 2 mois à 2 ans, 20 000 à 50 000 DA
Cultiver pour soi Délit 2 à 5 ans, 200 000 à 500 000 DA
Vendre, transporter, stocker Trafic 10 à 20 ans
Trafic en bande organisée Crime Réclusion à perpétuité
Impliquer un mineur près d'une école Crime Peine de mort possible (loi 25-03)
Cannabis médical, CBD Aucun cadre accessible Traités comme du cannabis

Usage sur place : ce que risque le consommateur

Le texte de base, c'est la loi n° 04-18 du 25 décembre 2004 sur l'usage et le trafic illicites de stupéfiants. Son article 12 vise directement le fumeur : 2 mois à 2 ans de prison pour la consommation ou la détention à usage personnel. La réforme de mai 2023 (loi 23-05) a gardé cette fourchette et relevé l'amende, désormais de 20 000 à 50 000 dinars.

Le même texte de 2023 a créé un délit spécifique pour la culture « perso » : 2 à 5 ans de prison. Rien à voir avec la France, où une petite quantité se règle souvent par une amende forfaitaire, ici c'est un juge pénal qui décide.

La cure plutôt que les poursuites, sur le papier

Les articles 6 à 8 de la loi 04-18 prévoient que l'action publique n'est pas engagée contre un usager qui suit une cure de désintoxication ou une surveillance médicale jusqu'au bout. Le juge peut aussi l'ordonner et renoncer à la peine si elle est suivie ; celui qui s'y soustrait retombe sous l'article 12.

Mais en 2023, une psychologue citée par TSA indiquait qu'une dizaine de centres seulement avaient ouvert sur 54 prévus, et que des juges envoyaient de jeunes consommateurs en prison faute de place. Pas de chiffre plus récent : ne compte pas sur cette porte de sortie.

Cannabis en Algérie : la loi 25-03 a changé d'échelle

Le 1er juillet 2025, l'Algérie a adopté la loi n° 25-03, publiée au Journal officiel du 13 juillet 2025. Elle fait du narcotrafic une menace pour la sécurité nationale et ajoute un étage de sanctions :

  • 20 à 30 ans de réclusion pour qui recrute ou utilise un mineur, une personne vulnérable ou une personne en cure dans le trafic ;
  • la perpétuité si ces faits ont lieu près d'un établissement de santé ou d'un lieu ouvert au public ;
  • la peine de mort s'ils ont lieu près d'une école ou d'un centre de formation, ou si l'infraction provoque un décès.

Précision par rapport à notre dossier sur le cannabis légal en Afrique : le trafic « simple » reste puni de 10 à 20 ans. La fourchette de 20 à 30 ans concerne surtout ces circonstances aggravantes.

Octobre 2026 : les premières condamnations à mort

La loi n'est pas restée théorique. Le 5 octobre 2026, le tribunal criminel près la Cour d'Alger a condamné à mort neuf personnes, dont six par contumace, dans une affaire de 113 kg de cocaïne et de comprimés de prégabaline saisis à M'sila. Pas de cannabis dans ce dossier, mais le signal est clair. L'Algérie applique un moratoire sur les exécutions depuis 1993 : les peines sont prononcées, pas exécutées.

Le kif venu de la frontière marocaine

En Algérie, la presse et l'armée parlent de « kif traité » pour désigner la résine de cannabis. L'essentiel arrive par la frontière ouest, avec le Maroc, le pays des haschichs du Rif. Chaque semaine, le ministère de la Défense publie ses bilans : plus de 9 quintaux interceptés rien qu'entre le 10 et le 17 juin 2026.

En 2025, l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT) a recensé 37,2 tonnes de cannabis saisies, plus 1,4 tonne de cocaïne et 43 millions de comprimés.

Voyager en Algérie : passeport, permis et valise

Le Quai d'Orsay, dans ses conseils mis à jour le 15 septembre 2026, résume : la possession et la consommation de drogues, quelles qu'elles soient, sont criminalisées, et les trafiquants s'exposent à des peines sévères.

L'après-condamnation compte aussi. L'article 24 de la loi 04-18 permet d'interdire de territoire un étranger condamné, définitivement ou pour au moins 10 ans, avec expulsion à la sortie de prison. Le juge peut aussi retirer le passeport et suspendre le permis pour au moins 5 ans. Pour un binational qui revient chaque été, c'est lourd.

Et le CBD ? On n'a trouvé aucun texte algérien qui lui donne un statut à part. La loi définit le cannabis par ses sommités fleuries « quelle que soit leur application », donc une fleur CBD risque d'être traitée comme n'importe quel cannabis. Côté médical, la loi ne prévoit que des autorisations ministérielles à des fins médicales ou scientifiques, sans programme connu pour les patients. Notre conseil : rien dans les bagages.

À Retenir

L'Algérie est l'un des pays les plus durs du continent : usage puni de prison, trafic de 10 à 20 ans, perpétuité pour la culture illicite ou la bande organisée, et peine de mort possible dans les cas aggravés depuis 2025.

Pour ton séjour : zéro cannabis.

Article informatif, à jour au 19 octobre 2026. Sources : loi algérienne n° 04-18 du 25 décembre 2004 relative à la prévention et à la répression de l'usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, loi n° 23-05 du 7 mai 2023, loi n° 25-03 du 1er juillet 2025, Cour d'Alger, Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), ministère algérien de la Défense nationale, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC). La consommation de cannabis illicite reste interdite en France.

FAQ

Offrir un joint à un ami, c'est du trafic ?

La loi 04-18 prévoit une infraction à part pour qui cède ou offre des stupéfiants en vue de la consommation d'autrui : 2 à 10 ans de prison dans sa version de 2004, avec un maximum doublé si la personne est mineure.

Un gérant d'hôtel ou de café risque-t-il quelque chose si un client fume chez lui ?

Oui. Tolérer l'usage dans un lieu ouvert au public est puni de 5 à 15 ans de prison selon le texte de 2004.

La justice peut-elle publier le nom d'un suspect ?

Depuis la loi 25-03, oui dans certains cas graves, notamment en flagrant délit. Les premières publications de photos de trafiquants présumés ont eu lieu à l'été 2025.