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Est-ce que le Cannabis est Légal en Tunisie ?

· ✍️ Tealer420· ⏱ 6 min de lectura · 📊 1284 palabras

Juge pesant une feuille de cannabis géante contre un code de loi dans une ruelle de Sidi Bou Saïd, style film rétro

📌 À retenir

  • Non, le cannabis n'est pas légal en Tunisie : fumer ou détenir de la zatla reste un délit, touristes compris.
  • La loi 52 de 1992 prévoit 1 à 5 ans de prison et jusqu'à 3 000 dinars d'amende pour un simple usage.
  • Depuis 2017, le juge peut alléger la peine, mais la prison reste encourue.
  • Une réforme est à l'étude au Parlement depuis 2025, sans vote au 12 octobre 2026.
  • Pas de cannabis médical, et aucun cadre pour le CBD : laisse tout à la maison.

Est-ce que le cannabis est légal en Tunisie ? Non. Il n'existe aucun cannabis légal en Tunisie : ni récréatif, ni médical, ni toléré. Là-bas, on parle de « zatla », et la loi qui l'encadre date de 1992. Chez Tealer420, on reçoit chaque année des questions de gens qui partent à Djerba en pensant qu'un joint sur la plage passe crème. On préfère être clairs : le cannabis en Tunisie peut te coûter de la prison ferme. Voilà ce qui s'applique au 12 octobre 2026.

Situation Statut en 2026 Ce que dit la loi 52
Fumer, même en privé Délit 1 à 5 ans de prison, 1 000 à 3 000 dinars
Détenir pour sa conso Délit Même peine que l'usage
Acheter, transporter ou vendre pour trafic Délit grave 6 à 10 ans de prison
Importer ou exporter pour trafic Délit très grave 10 à 20 ans de prison
Cannabis médical Non autorisé Aucun programme
CBD Aucun cadre spécifique Assimilé au cannabis, saisie possible

La loi 52, le texte qui encadre la zatla

Tout part de la loi n° 92-52 du 18 mai 1992 sur les stupéfiants, adoptée sous Ben Ali. Son article 4 vise directement le consommateur : 1 à 5 ans de prison et 1 000 à 3 000 dinars d'amende pour la consommation ou la détention pour usage personnel.

Pendant 25 ans, le juge n'avait pas le droit d'appliquer de circonstances atténuantes : un an de prison ferme minimum pour un premier usage, au moins cinq ans en cas de récidive. Fin 2015, 7 451 personnes étaient détenues au titre de la loi 52, dont environ 70 % pour consommation de cannabis.

Ce que la réforme de 2017 a vraiment changé

Le 25 avril 2017, l'Assemblée des représentants du peuple a voté un amendement, devenu la loi n° 2017-39 du 8 mai 2017. Le juge peut désormais appliquer les circonstances atténuantes, assortir la peine d'un sursis ou la remplacer par une amende. Mais la fourchette de 1 à 5 ans reste dans la loi : la peine plancher a disparu, l'usage n'a jamais été dépénalisé. Rien à voir avec la France, où une petite quantité se règle souvent par l'amende forfaitaire : en Tunisie, c'est toujours un juge pénal qui tranche.

L'affaire du Kef : 30 ans pour un joint

Retiens cette date : le 21 janvier 2021, le tribunal de première instance du Kef a condamné trois jeunes à 30 ans de prison. Leur tort ? Avoir fumé du cannabis dans un vestiaire de stade désaffecté. Le parquet a retenu la circonstance aggravante d'« aménagement d'un local » pour la consommation.

Le chef du gouvernement de l'époque, Hichem Mechichi, a qualifié ces peines d'excessives. Mais l'affaire montre une chose : même après 2017, une session entre potes peut basculer dans des qualifications bien plus lourdes.

Contrôle, garde à vue, test urinaire : la réalité du terrain

Sur 168 affaires suivies par Avocats Sans Frontières, 97,62 % des arrestations venaient de fouilles sur la voie publique, et aucun accusé n'a eu d'avocat pendant la garde à vue. Pour prouver la consommation, la police s'appuie sur le test urinaire. Human Rights Watch a dénoncé des tests imposés de force, et le refus du test serait lui-même sanctionné, selon des modalités qui varient d'une source à l'autre.

Cannabis en Tunisie : les prisons toujours pleines

En 2025, selon la ministre de la Justice Leila Jaffel, plus de 10 000 détenus étaient en prison pour des infractions liées aux drogues, dans un parc carcéral de plus de 30 000 personnes prévu pour environ 18 000.

Et la pression monte : le ministère de l'Intérieur a recensé 15 253 affaires de stupéfiants en 2025, impliquant 27 338 suspects, contre environ 5 000 affaires en 2022. Pour situer la Tunisie dans le reste du continent, jette un œil à notre dossier sur le cannabis légal en Afrique.

La réforme de 2025 à 2026 : où en est-on ?

La proposition de loi n° 11/2025, déposée le 25 février 2025 par une quinzaine de députés, est entre les mains de la commission de la législation générale depuis le 10 avril 2025. Elle prévoit :

  • pour l'usage personnel : 6 mois à 1 an de prison et/ou 3 000 à 10 000 dinars d'amende ;
  • une procédure de soin volontaire avant toute poursuite ;
  • des peines durcies contre les trafiquants, dont 5 ans pour la promotion de drogues sur les réseaux sociaux.

Attention au mirage : au 23 septembre 2026, la commission attendait encore l'audition du ministère de la Justice, et aucun vote en plénière n'a eu lieu. Aujourd'hui, c'est la loi 52, modifiée en 2017, qui s'applique.

Voyager en Tunisie : ce que dit le Quai d'Orsay

Dans ses conseils aux voyageurs mis à jour le 15 septembre 2026, le ministère français des Affaires étrangères est net : l'usage et la détention, même pour ta conso perso, sont « très sévèrement réprimés », jusqu'à 20 ans pour l'importation à des fins de trafic.

Et le CBD ? Aucun texte tunisien ne lui donne de statut à part : d'après les analyses disponibles, il est traité comme un dérivé du cannabis. Le cannabis médical n'est pas autorisé. Notre conseil : ni fleur, ni huile dans la valise.

À Retenir

La Tunisie ne connaît ni cannabis récréatif, ni cannabis médical, ni dépénalisation. La loi 52 punit l'usage de 1 à 5 ans de prison, que le juge peut seulement adoucir depuis 2017. La réforme n'est pas votée.

Pour ton séjour : rien sur toi, rien dans les bagages, aucun achat sur place.

Article informatif, à jour au 12 octobre 2026. Sources : loi tunisienne n° 92-52 du 18 mai 1992 relative aux stupéfiants, loi n° 2017-39 du 8 mai 2017, proposition de loi n° 11/2025 de l'Assemblée des représentants du peuple, ministère tunisien de l'Intérieur, Avocats Sans Frontières, Human Rights Watch, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC). La consommation de cannabis illicite reste interdite en France.

FAQ

Un touriste étranger risque-t-il la même peine qu'un Tunisien ?

Oui. La loi 52 ne prévoit aucun régime particulier pour les visiteurs, et ton passeport ne te protège pas des poursuites locales.

Qui se fait le plus souvent arrêter ?

Surtout des jeunes : dans les dossiers suivis par Avocats Sans Frontières, plus de la moitié des accusés avaient 18 à 25 ans, et 89 % des suspects recensés en 2025 avaient entre 19 et 40 ans.

Pourquoi la loi 52 est-elle si contestée en Tunisie ?

Elle remplit les prisons pour de simples usages. En mai 2014, l'arrestation de l'activiste Azyz Amami pour détention présumée de cannabis avait déjà déclenché une vague d'indignation.

Une autre réforme que celle des députés est-elle en préparation ?

Oui. Le ministère de l'Intérieur travaille sur un projet de refonte plus large de la législation antidrogue, en parallèle de la proposition n° 11/2025.